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Depuis 1963, les régimes baathistes ont tenté de façonner un cinéma à leur image. Ce projet a néanmoins été contesté par des cinéastes qui ont investi cet art en contournant les contraintes imposées par un système de production supervisé... more
Depuis 1963, les régimes baathistes ont tenté de façonner un cinéma à leur image. Ce projet a néanmoins été contesté par des cinéastes qui ont investi cet art en contournant les contraintes imposées par un système de production supervisé par l’État. Dans ce contexte de contrôle politique exacerbé, le point de vue relève alors du défi, se construisant aux marges d’un dispositif de censure toujours mouvant. Dès les années 1970, le cinéma financé par le secteur public devient ainsi l’un des rares espaces d’expression critique. Tout en apportant des éléments de réponse à ce paradoxe, cet ouvrage propose une incursion au coeur des films pour saisir ce qu’ils nous disent de l’ordre politique en Syrie, sur une période allant jusqu’à la fin des années 2000. Croisant un questionnement sur les modes d’énonciation de la critique propres au langage cinématographique en contexte autoritaire, la réflexion présentée ici invite à une nouvelle forme de
dialogue entre le cinéma et les sciences sociales.
Research Interests:
Depuis le début de la révolte en Syrie en 2011 et sa transformation en conflit armé, il est devenu impossible de se rendre sur place à moins de se conformer à un encadrement rapproché du régime de Bachar al-Assad dans les zones sous son... more
Depuis le début de la révolte en Syrie en 2011 et sa transformation en conflit armé, il est devenu impossible de se rendre sur place à moins de se conformer à un encadrement rapproché du régime de Bachar al-Assad dans les zones sous son contrôle, ce que de nombreux chercheurs refusent. Depuis lors, les travaux menés se délocalisent au sein des territoires de l’exil, à partir d’enquêtes menées dans les pays limitrophes de la Syrie ou en Europe. Cet éloignement forcé du terrain se relocalise également dans l’espace numérique et plus particulièrement sur le vaste territoire audiovisuel constitué par les nombreuses vidéos mises en ligne par des manifestants, des activistes et des groupes armés.
Archives des sciences sociales des religions. N° 181 (Janvier-mars 2018), p. 95-118 À partir d’un corpus de vidéos d’hommage mises en ligne sur YouTube entre 2011 et 2014, cette contribution examine les modalités de la réappropriation... more
Archives des sciences sociales des religions. N° 181 (Janvier-mars 2018), p. 95-118

À partir d’un corpus de vidéos d’hommage mises en ligne sur YouTube entre 2011 et 2014, cette contribution examine les modalités de la réappropriation du statut de martyr dans le contexte de la révolte puis de la guerre en Syrie. Ces vidéos permettent d’éclairer le foisonnement des références visuelles et sémantiques venant esquisser les contours d’une nouvelle grammaire du martyre, à la marge du pouvoir.  Par quels procédés les différents acteurs engagés dans la révolte réinterprètent-ils cette catégorie ? À quels répertoires appartiennent les images, les textes et les sons qui incarnent, honorent et façonnent leur mémoire ? Il s’agit également de mieux comprendre comment le religieux et le politique s’agencent, s’hybrident et évoluent en fonction du statut des morts (civils, activistes et combattants) et du basculement de la révolte dans la guerre.
Mots-clés : révolution, Syrie, martyrs, mémoire vernaculaire, Youtube.

Based on video footage dedicated to the memory of martyrs uploaded on YouTube between 2011 and 2014, this contribution explores the various modes of reappropriation of martyrdom in the context of the Syrian uprising and its aftermath. These videos cast light upon the multitude of visual and semantic references which sketches the outlines of a new grammar of martyrdom, shaped on the margins of the regime. How do the different actors committed to the revolt reinterpret this category ? From which repertories do they draw images, texts and music to embody, honor and forge their memory ? I will also ask how religion and politics meet, hybridize and evolve according to status of the dead (civilians, activists or fighters) and the switching of the revolt into warfare.
Keywords: revolution, Syria, martyrs, vernacular memory, YouTube.
Introduction du numéro thématique "Le religieux à l'épreuve des révolutions dans le monde arabe", Archives des sciences soclales des religions, n°181, Janvier-mars 2018. Avec Paulo Pinto.
Research Interests:
Począwszy od marca 2011 roku rewolta, która przerodziła się w konflikt w Syrii, przyniosła znaczną i zróżnicowaną kolekcję opublikowanych online 1 nagrań zarejestrowanych przez manifestantów, aktywistów i bojowników. Na etapie... more
Począwszy od marca 2011 roku rewolta, która przerodziła się w konflikt w Syrii, przyniosła znaczną i zróżnicowaną kolekcję opublikowanych online 1 nagrań zarejestrowanych przez manifestantów, aktywistów i bojowników. Na etapie pacyfistycznej mobilizacji, między 2011 a 2013 rokiem, nie tylko grały one główną rolę w procesie narratywizacji rewolty, ale także stymulowały pojawianie się nowych form protestu opartych na oddziaływaniu obrazu. W tym tekście stawiam pytania o wpływ wernakularnych wideo na protesty podejmowane w ultrarepresywnych
okolicznościach. W tym celu proponuję prześledzenie przebiegu rewolty pod kątem ewolucji praktyk nagrywania oraz wytwarzanych przez nie gramatyk audiowizualnych.
Since March 2011, the revolt that transformed into a conflict in Syria has yielded a considerable and varied collection of videos recorded and posted online by protesters, activists, and militants. At the stage of pacifistic mobilization... more
Since March 2011, the revolt that transformed into a conflict in Syria has yielded a considerable and varied collection of videos recorded and posted online by protesters, activists, and militants. At the stage of pacifistic mobilization between 2011 and 2013, not only did they play the main role in the narrativization of the revolt, but they also stimulated the emergence of new forms of protest based on the impact of the image. In this essay, I pose questions about the influence of vernacular videos on protests staged in extremely repressive circumstances. To this end I propose to trace the course of the revolt from the perspective of the evolution of video recording practices and the audiovisual grammars that they generate.
خلال سنوات بحثي الخمس حول استخدامات وقواعد الفيديو في سياق التمرد ومن ثم الحرب في سورية، تركت كثير من الصور في نفسي أثرًا عميقًا. وصدمتني صور أخرى بل جرحتني. ومن هذا التراكم البصري، والصوتي والانفعالي تميزت مع ذلك ثلاثة فيديوهات أخصبت... more
خلال سنوات بحثي الخمس حول استخدامات وقواعد الفيديو في سياق التمرد ومن ثم الحرب في سورية، تركت كثير من الصور في نفسي أثرًا عميقًا. وصدمتني صور أخرى بل جرحتني. ومن هذا التراكم البصري، والصوتي والانفعالي تميزت مع ذلك ثلاثة فيديوهات أخصبت ذاكرتي وتفكيري. حلت كل منها في منطقة رمادية، منطقة متوسطة حيث يتشوش البصر وحيث تتحدد طرق الإدراك من جديد. في هذا المكان غير الأمن، من الصعب وضع حدود بين هدف الحركة الفيلمية التي تكمن قبل كل شيء في الرغبة بتقديم شهادة، يرافق ذلك صعوبة التحكم المتعلقة بعشوائية الحدث أو بالأحرى بالشهادة على التجربة المتجسدة بالحدث. لدينا صور بدئية إذن تدل على التفردات المتناقضة لهذه الفيديوهات حيث تبرز بشكل ارتجالي نقاط اتصال بين التجربة الذاتية والتاريخ الذي يتكون في الوقت ذاته، بين الجسد والحدث، بين الحياة والموت. لأن من صور هذه الفيديوهات جازف بحياته من أجلها، أناس عاديون أو ناشطون إعلاميون، تخصصوا بحكم الظروف بالتوثيق المصور للأحداث.
During my five years of research on the uses and grammars of video in the context of revolt then war in Syria, many images have touched me, overwhelmed me. Others have shocked me, wounded me. And yet out of this visual, aural and... more
During my five years of research on the uses and grammars of video in the context of revolt then war in Syria, many images have touched me, overwhelmed me. Others have shocked me, wounded me. And yet out of this visual, aural and emotional accumulation, three videos stand out. They permeate my memory and my thought. Each inscribed in its own way in a grey, intermediate zone, where vision is blurred and the modes of perception are redefined. In this precarious place, it is difficult to draw the boundary between an intentional filmic gesture, marked above all by the desire to testify; and non-mastery, linked to the contingency of the event, or rather, to its embodied experience. Liminal images, signifying the paradoxical uniqueness of these videos, where points of contact flourish randomly between subjective experience and history-in-the-making, between body and event, life and death.
Au cours de mes cinq années de recherche sur les usages et les grammaires de la vidéo dans le contexte de la révolte puis de la guerre en Syrie, beaucoup d'images m'ont touchée, bouleversée. D'autres m'ont choquée, blessée. De cette... more
Au cours de mes cinq années de recherche sur les usages et les grammaires de la vidéo dans le contexte de la révolte puis de la guerre en Syrie, beaucoup d'images m'ont touchée, bouleversée. D'autres m'ont choquée, blessée. De cette accumulation visuelle, sonore et émotionnelle, trois vidéos se détachent pourtant. Elles imprègnent ma mémoire et ma réflexion. Chacune s'inscrit à sa manière dans une zone grise, intermédiaire, là où la vision se brouille et où les modalités de la perception se redéfinissent.
The Syrian Rebellion: a grammar of iconography This article explores the uses, the techniques and the repertories of the iconography produced by the protagonists of the Syrian Rebellion, focusing on the ways they mobilize digital... more
The Syrian Rebellion: a grammar of iconography
This article explores the uses, the techniques and the repertories of the iconography produced by the protagonists of the Syrian Rebellion, focusing on the ways they mobilize digital technologies of diffusion and creation. The aim is to grasp the interplays between the concrete spaces of protests and the virtual and disseminated space of the Internet in the production of visibility and narratives of collective action, through the creation and the circulation of singular iconographic objects, materials and devices. First, the analysis deals with the uses of iconography within protests actions, scrutinizing their organizational, communicational and performative functions. The second part is dedicated to dematerialized iconography circulating on the web from an insight into series of digital posters that sheds light on their visual and symbolic repertories.
The uprising in Syria has generated new forms of protest, previously confined to intellectual and artistic elites. How did filmmakers react to such events led by popular classes? How did they respond to the new dynamics of production,... more
The uprising in Syria has generated new forms of protest, previously confined to intellectual and artistic elites. How did filmmakers react to such events led by popular classes? How did they respond to the new dynamics of production, creation and diffusion? Those who engaged in the revolution through films are mostly self-taught filmmakers who were working on the fringes of institutional networks. How can such a phenomenon be explained? In an attempt to address these questions, we explored the cinematic practices invented with the revolution, in anticipation of the transformation of a cinematic field which has always been intertwined with the logic the political field. We also investigated creation as it emerges through camera lenses, in order to capture the specificities of the cinematic narratives elaborated in this singular historical moment.
El movimiento de revuelta popular que agita al país desde el 15 de marzo de 2011 2 ha llegado a reinventar la gramática de la impugnación, caracterizada posteriormente por la diversidad sociológica de los actores que participan en ella,... more
El movimiento de revuelta popular que agita al país desde el 15 de marzo de 2011 2 ha llegado a reinventar la gramática de la impugnación, caracterizada posteriormente por la diversidad sociológica de los actores que participan en ella, la extensión de las protestas sobre el territorio, así como los modos de acción inéditos. Las lógicas de negociación y de evasión que prevalecía da paso a la confrontación directa con el régimen: reivindicaciones de justicia social y de dignidad se expresan en la calle, pese a una represión extrema. Las respuestas de los cineastas a este acontecimiento, ya sean políticas o fílmicas, dan cuenta de una profunda conmoción del campo cinematográfico, allí donde se renuevan también actores y prácticas, trazando dinámicas de creación y difusión inéditas.
Research Interests:
Désormais, les caméras s’immiscent au cœur des révoltes et des combats. Smartphones, caméras HD, helmets cams, drones : la guerre et la révolte n'ont jamais été autant documentées, vécues et façonnées par l'image et le son. Accessibles... more
Désormais, les caméras s’immiscent au cœur des révoltes et des combats. Smartphones, caméras HD, helmets cams, drones : la guerre et la révolte n'ont jamais été autant documentées, vécues et façonnées par l'image et le son. Accessibles aux yeux de tous sur Internet, ces objets audiovisuels demeurent paradoxalement opaques. Leur diversité rend compte d'usages et de formes d'expressions multiples, lesquelles restent encore largement à explorer. Ce séminaire, au croisement de l'anthropologie visuelle et des sciences politiques, propose de penser ces territoires audiovisuels disséminés et infinis. Dans quelle mesure ces vidéos, souvent tremblantes, tronquées et anonymes, peuvent-elles devenir un site d’enquête pour le chercheur ? Que nous donnent-elles à comprendre des situations filmées et de ceux qui filment ? Les questions méthodologiques s'articuleront à une réflexion sur les grammaires, les textures ainsi que les différents registres énonciatifs et performatifs de ces vidéos. Le cas syrien, paradigmatique d'un usage intense et massif de la vidéo dans les différentes phases du soulèvement et de la guerre, constituera notre fil conducteur. Il sera mis en résonance avec d’autres recherches qui appréhendent ce type d’objets audiovisuels afin de mieux comprendre comment les contextes politiques, guerriers, religieux et culturels agissent sur les manières de fabriquer et d’utiliser la vidéo pour protester, combattre, se souvenir et esquisser de nouveaux imaginaires.
Research Interests:
Ce séminaire pluridisciplinaire propose de développer une réflexion sur le rôle du corps comme support de dévoilement - ou d’apocalypse - d’une « vérité » faisant l’objet de controverses. Dans quels contextes et selon quels dispositifs le... more
Ce séminaire pluridisciplinaire propose de développer une réflexion sur le rôle du corps comme support de dévoilement - ou d’apocalypse - d’une « vérité » faisant l’objet de controverses. Dans quels contextes et selon quels dispositifs le corps peut-il devenir un site ultime de résistance et de frontière ? Dans une perspective comparative, nous examinerons les modalités de transformation et de publicisation du corps ordinaire en corps témoin, vecteur de critiques politiques, sociales ou religieuses
Research Interests:
Qu’est-ce que la guerre et la violence font au cinéma ? Comment la forme filmique documente et interprète-t-elle ces phénomènes ? À partir d’une réflexion sur les pratiques de construction de sens par l’image et le son, ce séminaire... more
Qu’est-ce que la guerre et la violence font au cinéma ? Comment la forme filmique documente et interprète-t-elle ces phénomènes ? À partir d’une réflexion sur les pratiques de construction de sens par l’image et le son, ce séminaire entend explorer divers dispositifs de mise en récit de la guerre et de la violence. Une attention particulière sera portée à la question de la médiation du regard cinématographique à travers des témoins ou des acteurs impliqués dans les faits. Dans cette perspective, nous interrogerons la relation filmant/filmé tout comme l’élaboration des espaces de la fiction, vecteurs de points de vue sensibles sur l’histoire ou les événements. D’autre part, il s’agira de voir comment l’évolution des techniques de prise de vue, modifiant profondément les  représentations de la guerre et de la violence, peut constituer un objet de réflexion pour le cinéma. L’objectif de ce séminaire est double : familiariser les étudiants à l’analyse des formes filmiques, considérées dans la pluralité des rapports qu’elles entretiennent avec le réel, mais aussi, interroger la pensée en image dans son interaction avec les expériences et les régimes visuels de la violence et de la guerre.
Research Interests:
Frère François occupe une place singulière au sein de la communauté monastique de la Trappe puisqu’il est en contact permanent avec le monde extérieur. Intercesseur entre les hommes et Dieu, certains viennent de loin pour l’accompagner... more
Frère François occupe une place singulière au sein de la communauté monastique de la Trappe puisqu’il est en contact permanent avec le monde extérieur. Intercesseur entre les hommes et Dieu, certains viennent de loin pour l’accompagner dans le pèlerinage qu’il effectue tous les jours depuis 33 ans, à la fin de la nuit, au pied de la statue de « Notre-Dame de la confiance ». Nous avons suivi ce moine atypique dans ses pérégrinations et ses activités quotidiennes, saisissant au vol quelques bribes de son existence, tournée vers la lumière et l’attente de sa rencontre ultime avec le Christ.
De la révolte à la guerre en Syrie : conflits, déplacements, incertitudes Dates : dimanche 28 juin (jour d'arrivée)-samedi 4 juillet 2020 (jour de départ) Lieu : Centre Paul Langevin du CNRS-AUSSOIS-FRANCE Date limite de dépôt des... more
De la révolte à la guerre en Syrie : conflits, déplacements, incertitudes Dates : dimanche 28 juin (jour d'arrivée)-samedi 4 juillet 2020 (jour de départ) Lieu : Centre Paul Langevin du CNRS-AUSSOIS-FRANCE Date limite de dépôt des candidatures : 23 février 2020. écrire à : ecoledeteshakk@ehess.fr Joindre le formulaire rempli avec un projet de recherche en 300 mots maximum, un CV, une copie de votre pièce d'identité de votre carte d'étudiant le cas échéant. L'ANR SHAKK De la révolte à la guerre en Syrie : conflits, déplacements, incertitudes organise du dimanche 28 juin au samedi 4 juillet 2020 une école d'été à destination des étudiants inscrits en Master et Doctorat en sciences sociales et humaines (sociologie, anthropologie, science politique, histoire, archéologie, linguistique, etc.) conduisant en priorité des recherches sur la Syrie. Organisée autour de séminaires, d'ateliers de recherche et de conférences, cette école d'été vise à la formation en sciences sociales d'étudiants développant des recherches ou ayant un projet de recherche sur l'espace syrien et son prolongement. Une équipe pédagogique de quinze enseignants-chercheurs et chercheurs assurera la tenue des séminaires, des conférences et l'encadrement des ateliers de recherche. Cette école sera tout autant le lieu de la transmission par des spécialistes de leurs approches, méthodes et objets de recherche, que celui d'échanges et de débats autour de projets scientifiques en devenir. Les candidatures de personnes n'ayant pas le statut d'étudiant mais qui développent dans leur activité professionnelle une réflexion autour de la Syrie seront également étudiées. Le voyage et le séjour des candidats retenus sont entièrement pris en charge par l'ANR SHAKK et ses partenaires.
Organisé par l’association étudiante Last Focus Visual Research Network 9 et 10 novembre 2015 Ce colloque poursuit la réflexion autour de l’utilisation pluridisciplinaire des sources audiovisuelles dans le processus de recherche en... more
Organisé par l’association étudiante Last Focus Visual Research Network
9 et 10 novembre 2015
Ce colloque poursuit la réflexion autour de l’utilisation pluridisciplinaire des sources audiovisuelles
dans le processus de recherche en sciences sociales. L’emploi de ces supports comme objet
d’étude ou comme outil d’enquête constitue aujourd’hui une partie importante du processus de
production scientifique. Quels outils théoriques et méthodologiques utiliser pour travailler à partir de
sources [audio]visuelles en sciences sociales ? Quel est le statut du « visuel » dans les différentes
pratiques d’une enquête ? Si l’interdisciplinarité est heuristique, quels sont la place et le rôle de l’image
dans le processus de recherche ? Le défi que représente la structuration d’un groupe d’étudiants et de
chercheurs en sciences humaines et sociales, intéressés par les études visuelles est bien réel et
nécessite un agenda pluridisciplinaire. Notre objectif est de consolider une communauté internationale de chercheurs et d’étudiants, qui explore les usages de méthodologies audiovisuelles dans la
recherche sociale.
Research Interests:
« Témoignages, subjectivités, technologies. Pratiques de la vidéo en Syrie
depuis 2011 »
Nombre d'historiens familiers des sources écrites reconnaissent le rôle que tient le « goût de l'archive » dans leurs recherches, c'est-à-dire le plaisir lié à l'appréhension du document dans sa matérialité. Mais alors que les sources... more
Nombre d'historiens familiers des sources écrites reconnaissent le rôle que tient le « goût de l'archive » dans leurs recherches, c'est-à-dire le plaisir lié à l'appréhension du document dans sa matérialité. Mais alors que les sources audiovisuelles ont progressivement conquis leur légitimité, les chercheurs ont rarement mis des mots sur la relation qu'ils entretiennent avec les images et les sons, ou leurs divers supports d'enregistrement et dispositifs de lecture. La réflexion sur la matérialité de ces archives, en dehors des milieux professionnels de la conservation, semble cantonnée à l'histoire des techniques et des médias-elle reste largement impensée dans la plupart des études qui mobilisent ces sources.
Nouvelles archives numériques au Proche-Orient : le son, l’image, le film et le web
Enjeux du partage des données de terrain au Liban, en Jordanie et en Syrie
Stockholm University hosts a symposium that aims to explore the different facets of a growing global activist image industry with a particular focus on the Arab world. Recent popular and activist mobilizations across the region have been... more
Stockholm University hosts a symposium that aims to explore the different facets of a growing global activist image industry with a particular focus on the Arab world. Recent popular and activist mobilizations across the region have been supported by a practice of grassroots documentation on an unprecedented scale, making networked digital cameras integral to the conduct and communication of contentious political action. The wave of images shared through social media and shown on television of masses of people reclaiming public spaces, announcing new social priorities, and enacting political regime change powerfully accentuated the generative potential of mobile cameras to remake the world. Yet while digitally networked cameras present new opportunities for freedom of expression and for enacting justice, they also pose significant new challenges and vulnerabilities. In consequence, we have recently witnessed the growth of groups, organizations, and institutions intent on producing image activism, working to redirect grassroots contentious image-making into more secure, structured and professionalized formats. The aim is often to make rebellious imagery operational for – and marketable within-distinct domains, such as the news industry, the justice system, the film circuit, and the art world. This symposium will provide a forum in which scholars and practitioners with first-hand knowledge and regional expertise collaborate to explore a number of key issues in the mediation of contentious image practices across the Arab world and beyond.
Research Interests:
Cette Journée d’étude s’inscrit dans un réseau de recherche intitulé Mise en scène, mise en visibilité des martyrs en mondes musulmans et qui se décline, dans différents pays et différents types d’institutions, en colloques... more
Cette Journée d’étude s’inscrit dans un réseau de recherche intitulé Mise en scène, mise en visibilité des martyrs en mondes musulmans et qui se décline, dans différents pays et différents types d’institutions, en colloques internationaux, journées d’étude, ateliers et séminaires. Partant du constat d’une exposition aussi nombreuse que diverse des figures de martyrs dans les espaces publics de pays musulmans, ces rencontres interrogent la dynamique de ces représentations, leur circulation par-delà les frontières (gestes d’emprunts, de rejets), leurs éventuelles mutations au gré des changements (sociaux, politiques, techniques) et leur évolution en fonction des modes et du temps qui passe.
Research Interests:
Dans les mondes arabes et musulmans, le salon désigne un espace hybride dont les fonctions sociales ont profondément évolué au cours du XXe siècle. Inclus au sein de l’espace domestique ou séparé de celui-ci, il constitue un lieu de... more
Dans les mondes arabes et musulmans, le salon désigne un espace hybride dont les fonctions sociales ont profondément évolué au cours du XXe siècle. Inclus au sein de l’espace domestique ou séparé de celui-ci, il constitue un lieu de représentation dont l’acteur principal est une famille (plus ou moins élargie selon les situations) ou un individu (une figure religieuse et/ou politique ; masculine ou féminine). Si de nombreux travaux se sont penchés sur les différentes formes de « salon » en tant qu’institutions productrices et régulatrices d’ordres sociaux et politiques, l’objectif de cet atelier est d’interroger cet espace composite comme scène de l’ordre et du désordre. Afin de mieux saisir les évolutions historiques qui le façonnent, il s’agira plus spécifiquement d’examiner les manières d’investir cet espace comme lieu de projection d’identités culturelles, politiques et religieuses selon des contextes ordinaires ou extraordinaires. Dans ce cadre, nous interrogerons les modalités concrètes de transformation du « salon » : d’espace domestique en espace public (religieux et politiques) et inversement. Ceci nous conduira à examiner avec une attention particulière les rôles et la circulation différenciés des hommes et des femmes au sein de ce lieu singulier.
Research Interests:
7e Colloque annuel du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO) Hôtel de Ville de Paris – 23 janvier 2020/Campus Condorcet, Aubervilliers -24 janvier 2020 Depuis les années 2000, et en particulier à partir des « révolutions... more
7e Colloque annuel du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO)

Hôtel de Ville de Paris – 23 janvier 2020/Campus Condorcet, Aubervilliers -24 janvier 2020

Depuis les années 2000, et en particulier à partir des « révolutions arabes » de 2011, les régions du Maghreb et du Moyen-Orient ont connu une explosion d’images. La démultiplication des écrans et des caméras au centre des révoltes en est un exemple significatif. Réalisées dans des espace-temps situés souvent au cœur des luttes et reprises à foison, parfois hors contexte, diffusées sur les réseaux sociaux ou dans les médias traditionnels, ces images et les points de vue singuliers qu’elles véhiculent sont l’œuvre aussi bien de producteurs professionnels que d’amateurs aux prises avec les événements. Ainsi elles ont participé à médiatiser les conflits et les revendications et à créer une proximité émotionnelle avec les événements, malgré une fragilité due au terrain labile et dématérialisé que représente Internet.

Plus largement, le statut, le rôle, le support de l’image ainsi que la relation à l’univers visuel a évolué, tant il semble désormais être caractérisé par la profusion, la banalisation, la volatilité, voire la saturation. L’ensemble de ces images a contribué à renforcer des imaginaires – au sens de représentations, mythes ou récits partagés – existants ou en à forger de nouveaux en attirant l’attention sur les sociétés et sur des acteurs minoritaires et faiblement connus des mouvements révolutionnaires en cours. Si des propositions de réappropriation du récit de soi par l’image étaient déjà actives au sein des situations coloniales et postcoloniales, elles se sont considérablement amplifiées depuis le début du millénaire. Comment cette déferlante visuelle travaille-t-elle les imaginaires d’identité et d’altérité ? Quelle influence a-t-elle sur les imaginaires orientalistes ayant par le passé donné à voir la différence comme cadre à la fois esthétique, culturel et politique ?

Ce colloque souhaite ainsi interroger la place des images dans la production des imaginaires collectifs duet auMoyen-Orient/Afrique du Nord dans une perspective historique et comparée, replaçant les soulèvements actuels dans le temps long. Nous entendons par « image » toute forme de présence visuelle ou sonore : arts visuels, peinture, photographie, arts graphiques, films, street art et art urbain, médias, séries télévisées, vidéo-clips, vidéo-art, bd, roman graphique, etc. Quant à l’« imaginaire », il est entendu notamment comme apparaissant « plus réel que ce que l’on peut imaginer, car il est devenu la voie d’accès à une sur-réalité qui est le fondement même du réel auquel l’humanité se confronte quotidiennement »[1]. 

Il s’agit de comprendre comment les sociétés de la région se mettent en image et prennent en charge leurs propres représentations visuelles. Comment ces images participent-elles à construire, déconstruire, dialoguer ou détourner les imaginaires dominants et quels nouveaux imaginaires contribuent-elles à esquisser ? Peut-on parler d’imaginaires partagés au sein de la région concernée ou s’agit-il plutôt de réalités locales, nationales, spécifiques et situées ? Nous nous interrogerons aussi sur le rôle joué par les diasporas et les communautés exilées, dans la (dé)construction de ces imaginaires et l’élaboration d’une mémoire collective – qui renvoie « aux souvenirs ou [aux] représentations du passé dont des individus, liés par une expérience commune, sont porteurs »[2]–, depuis les mémoires individuelles jusqu’aux mythes fondateurs officiels.

De nombreux travaux – colloques, séminaires, publications – ont investi le rôle de l’image dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient. Toutefois, peu de place a encore été accordée d’une part à la mise en contexte de ces images et d’autre part à leur dimension performative, conduisant à créer des « fictions sociales »[3]potentiellement réifiables par la force de diffusion en réalités sociales. Ce colloque a pour ambition d’explorer les trajectoires des images – de la production locale à leur diffusion transnationale – ainsi que les enjeux politiques, médiatiques et culturels autour des imaginaires et de leurs ancrages multiscalaires (locale, régionale, globale). Circulant dans des scènes de plus en plus globalisées, les images sont parfois prises dans des logiques déterritorialisées. Les producteurs d’images deviennent alors des vecteurs d’imaginaire ou des témoins dans un espace fluide et hétérogène. On mettra l’accent sur ce télescopage d’espaces connectés que la diffusion des images rend visible. On se concentrera également sur les dispositifs transnationaux d’archivage, faisant écho à l’urgence de la préservation dans des contextes de violence aiguë, ainsi que sur leurs limites.

Les images et leurs usages apparaissent enfin comme un moyen de renverser les imaginaires dominants (politiques, médiatiques, occidentaux, etc.) et de se réapproprier le discours sur soi. Les acteurs – reconnus ou anonymes, professionnels ou amateurs, institutionnels ou privés, artistes ou politiques, etc. – proposent des représentations plus ou moins proches des réalités quotidiennes. Certains peuvent contribuer à rétablir une « auto-narration » et recréent des territoires imaginés, projetés, voire rêvés. Le « pouvoir des images » (d’informer, de prouver, de témoigner, de mettre en récit, de médiatiser, de documenter, de convaincre, d’endoctriner) et leur charge performative seront au cœur de nos réflexions, sensibles à explorer les mutations des scènes culturelles, politiques et médiatiques dans la région, de même que la place et le rôle des artistes dans la production et la diffusion d’imaginaires alternatifs en mesure de bousculer le regard porté au(x) territoire(s). En somme, il s’agira de voir comment les images et leurs actions sur les imaginaires peuvent mettre à mal une vision homogénéisante de la région par les médias dominants, pour rendre compte de la diversité et de la complexité de cet espace géographique et social, culturel et politique.

Finalement, cette rencontre pourra être l’occasion de questionner la portée heuristique et les implications méthodologiques des recherches en sciences sociales s’appuyant sur les images comme objet d’étude à part entière. Valorisant une approche pluridisciplinaire (sociologie, anthropologie, histoire, science politique, géographie, histoire de l’art, études cinématographiques, etc.), le colloque du CCMO a ainsi l’ambition de contribuer à renouveler le regard sur les images et leurs enjeux dans la région. En quoi travailler sur, en, avec les images permet-il de renouveler les lectures des soulèvements arabes, et plus généralement les travaux sur cette région ?
La question des martyrs, phénomène et terme polymorphes et polysémiques, historiquement ancrée et d’actualité, sera l’objet de cette journée d’étude. En français (issu du grec) comme en arabe, l’étymologie du mot « martyr » se rattache à... more
La question des martyrs, phénomène et terme polymorphes et polysémiques, historiquement ancrée et d’actualité, sera l’objet de cette journée d’étude. En français (issu du grec) comme en arabe, l’étymologie du mot « martyr » se rattache à l’idée de témoignage en faveur d’une cause. L’analyse de cette thématique en SHS amène donc à questionner les représentations et usages, politiques en particulier, des martyrs. Les interventions porteront notamment sur l’espace saharien (Belalimat, Le Guen), la Syrie (Boëx) le Venezuela (Vasquez) la Tunisie (Belhadj), le Proche Orient (Larzillière), Le Sud-Liban (Tabet). L’attention se focalisera principalement sur la médiatisation en ligne de ces figures (YouTube, Facebook, vidéos on line…).
Research Interests:
Organizer: Chowra Makaremi, Research fellow at CNRS - IRIS Invited participants: Cécile Boex, Lecturer at EHESS ; Leyla Dakhli, Research fellow at Centre Marc Bloch – Berlin ; Omar Dewachi, Professor of Anthropology at Rutgers University... more
Organizer: Chowra Makaremi, Research fellow at CNRS - IRIS
Invited participants: Cécile Boex, Lecturer at EHESS ; Leyla Dakhli, Research fellow at
Centre Marc Bloch – Berlin ; Omar Dewachi, Professor of Anthropology at Rutgers
University – New Jersey ; Carolina Kobelinsky, Research fellow at CNRS – LESC ; Shouri
Molavi, Lecturer at American University – Cairo ; William Walters, Professor of Politics
at Carleton University - Ottawa.
Archives are sites where power is actively negotiated, contested, and confirmed. More
than sites, they are social and material practices, such as researching, collecting,
classifying, and the ‘turning of real lives into writing’ (Foucault 1979). Archiving involves
rationalities and classification, yet it goes back to a ‘fever’, a desire (Derrida 1995): a
passion, be it a passion for order, rationality, control or simply for records. But these
records are an addition of traces, not the reality, and not even its full representation. These
paradoxes and impossibilities have not weakened our ‘taste for archive’, on the contrary,
it seems that Derrida’s critique renewed the interest and creativity in the use of archives
as a research practice, method and field of observation. The scientific fragility of archives
– their subordination to affects and power – seems to have paradoxically propelled them
as emancipatory tools for knowledge and political resistance. Several reasons come to
mind to explain this. Archiving materializes the epistemic, material and social relations
between power and knowledge. It thus offers a site of critical observation (Ann Stoler’s
urge to “move from archive-as-source to archive-as-subject”, 2010), which can be further
used to build knowledge from outside the positions of power that have a monopoly on the
production of archives themselves. Archiving can blur to the highest level the frontiers
between knowledge production and political intervention, for instance at the crossroads of
artistic, expert and critical knowledge productions, or through collaborative/inter-subjective
forms of knowledge production. These blurring create viable zones of observation, writing
and intervention but can also expose to many tensions and conflicts of loyalty.
In these contexts, the creation, subversion and critical readings of archives are often
anchored in an attention to the missing, the absent or the hidden. This unfolds in different
initiatives. Some are driven by the need for producing (grass-roots) archives when none
existed before, which comes with a reflexion on the reasons for this absence. Others
search for traces of violence and hidden histories in archives created for purpose of
government and control. A central theme in these works is that of violence and the
dialectics of the seen and the unseen: violence invisible and invisibilized, or the violence
of invisibilization (of certain affects, people, ways of life, histories, places, etc. etc.) But
then, are archives and counter-archives a matter of equal representation and visibility, or
a challenge to the epistemic order that produces in/visibility? What are their relations tothe present: How do we handle the curentness of the past (that is precisely not ‘archived’)?
(How) can we archive the present?
Gathering friends and colleagues across disciplines, the workshop wishes to create a
space of dialogue on these questions, departing from one specific topic: working with/on
archives, how do we come across and address the question of secrecy?
There is a passion for secrecy as much as there is one for the archive: for Marc Bloch, the
two obstacles to historical knowledge — built on archives – were “carelessness that looses
the documents, and, even more dangerous, the passion for secrecy” (1941). Beyond the
question of access to records, the notion of secrecy refers to affects but also to social and
political bounds and relations – relationality being a dimension of secrecy as a practice of
power (Simmel, 1908; Taussig, 1999). This has to do with the practice of ‘lying in politics’
(and Hannah Arendt’s analysis on the subject (1969) are based on the Pentagon papers
leaked from the national security archives). But secrecy as a social practice has also to do
with the protection of records and data, by professional secrets, ethical codes of conduct
or ‘regulations on personal data protection’. While touching very real ethical and political
issues we encounter at different levels in our works, these regulations are also perversely
used, not to protect anyone, but as obstacles to any initiatives that are not subordinated to
the neoliberal administrative and managerial rationalities that produced them. Which is yet
another side of the power-knowledge nexus.
This, as well as Arendt’s reflection on the Pentagon papers, builds further on the idea
suggested by Simmel and Taussig that understanding how secrecy works enlightens the
understanding of power (Walters and Luscombe, 2017). But secrecy is highly polysemic.
It refers to what exists and is kept hidden – then, the focus is on concealment, and the
relation to data is closer to that of fact-finding and counter-investigation. It can also refer
to what is unspoken, intimate, private – what has a hard time surfacing even for the
producer/keeper of the record: a thread followed by Stoler when she looks at the private
correspondence of colonial administrators to understand the intimate life of power. Here,
unlike for the concealed/leaked administrative records, the relation to data is no more that
of investigative rationality but requires different epistemologies and writings.
These reflections open several paths for further exchange. At a methodological level, we
may have to clarify the relationships between archiving and the creation and uses of online
databases: what are the different logics at play? What are the procedures of objectification
and subjection encrypted in the technologies at use? Another central question is that of
the relation between archives, bodies and the secret: readings of the archives can
enlighten how (past or invisibilized) experiences are embodied; suppressed bodies can
resurface through the archive, bodies can also become archives — archives of violence
or of social and political practices for instance. These uses confront us, however, to the
paradox of veracity and truth when it comes to violence: the standards of veracity that
require to find more sources and establish their falsifiability can amount to demanding the
impossible, and be another way to reconducting a violence that is at the roots of the lack
of archives, their scarcity or their incompleteness.
The workshop wishes to be a space of open, informal discussion in order to explore these
questions and raise many more in relation to our respective fields of research, writing and
archival activism
Research Interests:
Depuis 2011, la révolte et la guerre en Syrie ont engendré une masse considérable de vidéos filmées par des manifestants, des activistes, des combattants. Élaborées à la marge des cadres institués de la production médiatique, ces formes... more
Depuis 2011, la révolte et la guerre en Syrie ont engendré une masse considérable de vidéos filmées par des manifestants, des activistes, des combattants. Élaborées à la marge des cadres institués de la production médiatique, ces formes de communications audiovisuelles constituent une ressource précieuse pour comprendre, se souvenir et, éventuellement, juger. Ces journées d’études visent à faire un état des lieux des pratiques et des trajectoires d’archivage de ces vidéos afin de mieux en cerner les enjeux mémoriaux, épistémologiques et méthodologiques.
Research Interests:
Ateliers de discussion dans le cadre de la 4e édition de la semaine des arts à l'université Paris 8.
Sur une proposition de Dork Zabunyan, Emna Mrabet, Jennifer Verraes
Cette journée d'étude (17 Octobre 2015) s'inscrit dans un réseau de recherche intitulé Mise en scène, mise en visibilité des martyrs en mondes musulmans et qui se décline, dans différents pays et différents types d'institutions, en... more
Cette journée d'étude (17 Octobre 2015) s'inscrit dans un réseau de recherche intitulé Mise en scène, mise en visibilité des martyrs en mondes musulmans et qui se décline, dans différents pays et différents types d'institutions, en colloques internationaux, journées d'étude, ateliers et séminaires. Partant du constat d'une exposition aussi nombreuse que diverse des figures de martyrs dans les espaces publics de pays musulmans, ces rencontres interrogent la dynamique de ces représentations, leur circulation par-delà les frontières (gestes d'emprunts, de rejets), leurs éventuelles mutations au gré des changements (sociaux, politiques, techniques) et leur évolution en fonction des modes et du temps qui passe. La question de la mutation du statut de ces représentations (de force de mobilisation à enjeux de mémoires) détachées ou non d'une dimension religieuse, participe pleinement aussi de ces réflexions. La première rencontre, centrée sur les martyrs de la guerre Iran-Irak a eu lieu le 24 avril 2015 à Téhéran. Il s'agit aujourd'hui d'aborder plus spécifiquement ces questions en se focalisant sur les processus de fabrication (peintures, photographies, pochoirs, images numériques…), sur les supports d'affichage (murs, musées, internet) ainsi que de mettre en rapport ces productions par-delà les singularités des pays, des conflits et des mythologies, pour en interroger le sens et les évolutions. Cette journée réunit des chercheurs de différentes disciplines (histoire de l'art, anthropologie, sciences politiques, sciences de l'information et de la communication, études du fait religieux…), travaillant sur différents pays, mais aussi des acteurs de la vie urbaine qui organisent cet espace de visibilité et des artistes qui interrogent les représentations de ces martyrs dont les yeux regardent les vivants...
Research Interests:
En 2011, alors que les médias officiels tentent d’occulter l’ampleur du mouvement de révolte et sa répression, des hommes et des femmes filment ce qui relevait encore de l’inconcevable quelques mois plus tôt. Réappropriation sauvage,... more
En 2011, alors que les médias officiels tentent d’occulter l’ampleur du mouvement de révolte et sa répression, des hommes et des femmes filment ce qui relevait encore de l’inconcevable quelques mois plus tôt. Réappropriation sauvage, jubilatoire (et parfois fatale) de la rue, de la parole et du réel. Les dizaines de milliers de vidéos postées alors sur YouTube nous prennent à témoin, dans toute leur opacité et leur puissance. Filmées à bout de bras, elles captent l’intensité brute des voix, des émotions et de la violence. L’acte de filmer devient acte tout court, par lequel la révolte advient aussi. Ces fragments d’images chaotiques documentent l’expérience subjective et somatique de l’événement plus que l’événement lui-même et nous transportent vers d'autres territoires du visible et du sensible. 
Research Interests:
Séminaire. Sociologie politique : la communication médiatique des mouvements sociaux 14 octobre 2016 - 9h-16h30 Initiées dans les années 1970, les recherches sur la communication médiatique des mouvements sociaux font l’objet d’un intérêt... more
Séminaire.
Sociologie politique : la communication médiatique des mouvements sociaux
14 octobre 2016 - 9h-16h30
Initiées dans les années 1970, les recherches sur la communication médiatique des mouvements sociaux font l’objet d’un intérêt renouvelé, en particulier depuis le déclenchement des « révolutions arabes » et des nombreuses mobilisations des années 2010 qui ont eu recours aux technologies du Web pour appeler à l’action et sensibiliser à leurs « causes ». L'accroissement exponentiel des travaux de recherche sur ce sujet ne va pas sans susciter des questionnements d'ordre théorique et méthodologique. L’objectif de ce séminaire est de participer à renouveler l'analyse des différents répertoires d’intervention médiatique et d’interpellation de « l’opinion publique » façonnés par les groupes mobilisés et de montrer l'intérêt d'une sociologie politique de leurs acteurs, de leurs stratégies de légitimation et des modalités de réception ou d’appropriation de leurs discours.

- 9h15-10h30 : Florence Brisset-Foucault (Imaf - Université Paris 1) : Presse militante, contrôle du discours et exercice du pouvoir en Ouganda (1979-1992)
- 10h30-11h15 : Benjamin Ferron (Céditec – Université Paris Est Créteil) : Le petit monde des « médias libres » : carrières militantes et (ré)investissements professionnels (France, 1999-2016)
- 11h15-12h30 : Erica Guevara (Cemti – Université Paris 8)– Trajectoires des militants et logiques de fonctionnement des radios communautaires en Colombie (1980-2010)
- 14h-15h15 : Cécile Boex (Césor-EHESS) : Professionnalisation de la prise d'image et impact des vidéos de Youtube sur les actions protestataires pendant la révolte en Syrie (2011-2013)
- 15h15-16h30 : Fabien Granjon (Cemti - Université Paris 8) : Les tourments de l’engagement en ligne : slacktivisme, clicktivisme et technopragmatisme

Merci de vous inscrire avant le 7 octobre 2016
Aux adresses suivantes : erica.guevara@univ-paris8.fr, benjamin.ferron@u-pec.fr

Ce séminaire est accueilli par le Cemti
(Centre d’Etudes sur les Médias, les Technologies et l’Internationalisation – EA3388)
Lieu : Université Paris 8 — « Vincennes à Saint-Denis » 2, rue de la Liberté - 93526 - Saint-Denis Cedex
Research Interests:
Chargé·e de traitement de collections Bibliothèque nationale de France (Département de l’audiovisuel) Dans le cadre du programme de recherche « Shakk. De la révolte à la guerre en Syrie. Conflits, déplacements, incertitudes »... more
Chargé·e de traitement de collections
Bibliothèque nationale de France (Département de l’audiovisuel)
Dans le cadre du programme de recherche « Shakk. De la révolte à la guerre en Syrie. Conflits, déplacements, incertitudes » (https://shakk.hypotheses.org/), financé par l’Agence Nationale de la Recherche.